La saga Alpine (3/6)

  

Alpine Renault

Acte 2: La naissance d'Alpine

 

      La rencontre avec les frères Chappe et Gessalin va donner naissance à un petit coach au Salon de Paris en 1955, sous le nom d'Alpine Mille Miles, en souvenir des victoires remportées lors de la coupe des Alpes en 1654 et, bien sûr, aux Mille Miles.

La Régie Renault voit tout cela d'un mauvais oeil et elle demande à Jean Redélé de faire disparaître le nom de Renault du catalogue commercial d'Alpine (Déjà, un concessionnaire de Clermont-Ferrand, pilote, Louis Rosier, avait du fléchir sous la pression de la Régie).

 

   Cette berlinette se présente sous la forme d'un petit coach bâti sur la plate forme de la 4 CV, dont la carrosserie en polyester est particulièrement rigide. 

1955: le coach Mille Milles A106

        Grâce à son aérodynamique améliorée et les 21 ch. de son moteur de 750 cm3, elle affiche une vitesse de pointe de 115 km/h contre 100 km/h pour le modèle de série. Elle est baptisée A106 et elle est proposée à 825 000 Frs soit environ 95 000 Frs en l'an 2000, ce qui correspond quand même au double par rapport à une 4 Cv de série. 

 

1955 : A106 Mille Miles

Elle peut cependant prétendre à un panoplie de sportive: le moteur de type "1063" poussé à 45 ch., boite spéciale 5 rapports et une suspension spéciale rabaissée. Ainsi équipée, elle atteint les 155 km/h. Il s'agissait alors d'une vitesse très importante pour une 750 cm3, il y a plus de quarante ans.

 

        En fait cette voiture ne peut intéresser que les sportifs. Il faut donc la faire connaître de ceux-ci. Elle est alors achetée par une poignée de pilotes amateurs. L'A106 commence à courir et à se faire un nom dans les rallyes ou elle doit bien souvent affronter une concurrente française: la Panhard DB qui utilise la mène recette: caisse en polyester et une mécanique proche de la série.

        La naissance de la Renault dauphine au moteur plus puissant  va aiguiser l'appétit de la petite Alpine. les versions les plus élaborées,  riches de 65 ch. et d'un moteur de 1000 cm3 frissent déjà les 180 km/h! Elles s'adjureront un formidable palmarès  grâce à leur tempérament virulent, leur légèreté et au talent des pilotes de l'époque: Féret, Vinatier ... Quelques centaines d'exemplaires seront fabriqués par an pour des coureurs amateurs et pour des passionnés de rallyes.

 

 

        Rédélé affirme alors ses ambitions. Sa formation HEC et son goût pour l'automobile vont le pousser à élargir sa gamme, dès 1958, sous la forme d'un cabriolet plus ludique dessiné par Michelotti. 

1960 Berlinette A108 tour de France

        C'est à partir de ce cabriolet, plus élégant que le coach, que s'ébauchent les lignes de la future berlinette. Cette dernière se distingue par son avant profilé et ses phares sous globe transparent pour une meilleure aérodynamique. 

 

        La berlinette abandonne aussi la structure de la 4 CV, mène si elle en conserve l'empattement très court au profit d'une poutre centrale, légère et rigide. Elle fait ses premiers tours de roues  officiels à l'occasion du Tour de France Auto 1960, d'ou son nom de baptême: " Berlinette Tour de France".

 

1960 : Cabriolet A108

 

 

Alpine fait des petits.

         Jean Rédélé a trouvé la voiture de ses rêves, celle qu'il construisait inlassablement dans sa tète depuis plusieurs années. la berlinette est pure, racée, basse légère comme un oiseau. De plus, elle n'est pas simplement belle, elle est aussi terriblement efficace dès que le route tourne, grâce à son implantation mécanique. revers de la médaille, elle exige une conduite tout en finesse. Essayer un peu.

 

         Pour s'autofinancer, J. Rédélé a décidé de vendre les droits de fabrication de sa voiture à l'étranger, attitude visionnaire au début des années 1960. Cependant , les moyens de conception assez limité deviennent un avantage: la conception est simple, sa robe es en polyester et les pièces de série sont largement utilisés. Les investissements de la berlinette ne sont ainsi pas trop importants.

La Berlinette est alors construit au Brésil par Willis sous le nom d'Interlagos, au Mexique, en Espagne (par FASA) ainsi qu'en Bulgarie... Des milliers de Berlinette surgissent aux quatre coins du monde. Même le Japon a failli l'avoir!

 

Première place scratch dans les rallyes!

 

        Le destin de la Berlinette est intimement lié à celui de Renault se de ses modèles. la sortie de la R8, qui succède à la Dauphine en 1962, va permettre  à la voiture bleue d'aller jouer dans la cour des grands. La Renault  8 dispose en effet d'un moteur moderne à 5 paliers, plus aptes à supporter de fortes puissances, d'un boite de vitesses plus généreuse, de freins à disques et d'un suspension plus élaborées. Ces organes vont alors être implanter dans le corps en polyester de la Berlinette pour le plus grand bonheur des passionnés!

 

       L'apparition du moteur Gordini 1300, qui dépasse les 130 ch. et qui est lié à une boite à 5 rapports va encore permettre de passer un cap.  Et quel cap! La Berlinette ne va plus alors lutter pour la victoire de sa catégorie mais pour la première place scratch des rallyes.

 




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Mis à jour le 25/10/01